{"id":5031,"date":"2018-10-29T19:43:30","date_gmt":"2018-10-29T18:43:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.iode-du-lac.org\/blog\/?p=5031"},"modified":"2018-10-29T19:43:30","modified_gmt":"2018-10-29T18:43:30","slug":"lalimentation-bio-reduit-de-25-les-risques-de-cancer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.iode-du-lac.org\/blog\/2018\/10\/lalimentation-bio-reduit-de-25-les-risques-de-cancer\/","title":{"rendered":"L&rsquo;alimentation bio r\u00e9duit de 25 % les risques de cancer"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-5032 alignleft\" src=\"https:\/\/www.iode-du-lac.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/maphoto-2-79a84-250x353.png\" alt=\"\" width=\"212\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.iode-du-lac.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/maphoto-2-79a84-250x353.png 250w, https:\/\/www.iode-du-lac.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/maphoto-2-79a84-125x176.png 125w, https:\/\/www.iode-du-lac.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/maphoto-2-79a84.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/>Selon une \u00e9tude men\u00e9e sur 70 000 personnes, la pr\u00e9sence de r\u00e9sidus de pesticides dans l\u2019alimentation conventionnelle explique ce r\u00e9sultat. LE MONDE | 22.10.2018 \u00e0 17h00 \u2022 Mis \u00e0 jour le 22.10.2018 \u00e0 20h58 | Par <a href=\"https:\/\/abonnes.lemonde.fr\/journaliste\/stephane-foucart\/\">St\u00e9phane Foucart<\/a> et <a href=\"https:\/\/abonnes.lemonde.fr\/journaliste\/pascale-santi\/\">Pascale Santi<\/a><\/p>\n<p>Pour les agences r\u00e9glementaires, les r\u00e9sidus de pesticides dans l\u2019alimentation ne pr\u00e9sentent aucun risque pour la sant\u00e9. Mais un corpus scientifique r\u00e9cent, sur les effets des m\u00e9langes de mol\u00e9cules et des expositions chroniques \u00e0 faibles doses, sugg\u00e8re que les risques pos\u00e9s par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien r\u00e9els pour le consommateur. Une \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique fran\u00e7aise, publi\u00e9e lundi 22\u00a0octobre dans la revue <em>JAMA Internal Medicine,<\/em> est la premi\u00e8re \u00e0 pointer de tels risques dans la population g\u00e9n\u00e9rale, s\u2019agissant du cancer.<\/p>\n<p>Elle indique que les plus gros consommateurs d\u2019alimentation issue de l\u2019agriculture biologique ont un risque de cancer r\u00e9duit de 25\u00a0%, par rapport \u00e0 ceux qui en consomment le moins. <em>\u00ab\u00a0Pour expliquer ces r\u00e9sultats, l\u2019hypoth\u00e8se de la pr\u00e9sence de r\u00e9sidus de pesticides synth\u00e9tiques bien plus fr\u00e9quente et \u00e0 des doses plus \u00e9lev\u00e9es dans les aliments issus de l\u2019agriculture conventionnelle compar\u00e9s aux aliments bio est la plus probable\u00a0\u00bb<\/em>, indique Emmanuelle Kesse-Guyot, chercheuse (INRA) dans l\u2019\u00e9quipe de recherche en \u00e9pid\u00e9miologie nutritionnelle (Inserm, INRA, universit\u00e9 Paris-XIII) et coauteure de ces travaux. De fait, les types de cancer dont les risques sont les plus r\u00e9duits chez les consommateurs d\u2019aliments labellis\u00e9s \u00ab\u00a0AB\u00a0\u00bb sont \u00e9galement associ\u00e9s aux expositions des agriculteurs aux pesticides.<\/p>\n<h2>Les lymphomes surrepr\u00e9sent\u00e9s chez les agriculteurs conventionnels<\/h2>\n<p>Conduits par Julia Baudry et Emmanuelle Kesse-Guyot, les auteurs ont exploit\u00e9 les donn\u00e9es d\u2019une grande cohorte, dite NutriNet, de pr\u00e8s de 70\u00a0000 volontaires suivis entre 2009 et 2016. Ils ont divis\u00e9 en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio (environ plus de 50\u00a0% de leur alimentation), \u00e0 ceux qui n\u2019en consomment que de mani\u00e8re occasionnelle, ou jamais. Durant les sept ann\u00e9es de suivi, 1\u00a0340 nouveaux cas de cancer ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s\u00a0; les auteurs ont ensuite observ\u00e9 la r\u00e9partition de ces maladies dans les diff\u00e9rents groupes.<\/p>\n<p>Au total, en tenant compte de toutes les localisations canc\u00e9reuses, la baisse du risque est de 25\u00a0% pour le groupe le plus consommateur de bio par rapport au groupe le moins consommateur. Mais les r\u00e9ductions de risque vont jusqu\u2019\u00e0 34\u00a0% pour les cancers du sein post-m\u00e9nopause, 76\u00a0% pour les lymphomes (un type de cancer du sang). <em>\u00ab\u00a0L\u2019une des grandes forces de ces conclusions est qu\u2019elles sont largement coh\u00e9rentes avec les r\u00e9sultats des \u00e9tudes men\u00e9es sur les expositions professionnelles aux pesticides<\/em>, explique l\u2019\u00e9pid\u00e9miologiste Philip Landrigan (Boston College, Etats-Unis), qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude. <em>Cela renforce grandement la plausibilit\u00e9 d\u2019un lien entre l\u2019effet mis en \u00e9vidence et la pr\u00e9sence de r\u00e9sidus de pesticides dans l\u2019alimentation.\u00a0\u00bb<\/em> Les lymphomes, notamment, font partie des cancers surrepr\u00e9sent\u00e9s chez les agriculteurs expos\u00e9s aux pesticides.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est, \u00e0 ma connaissance, la premi\u00e8re fois que l\u2019on met en \u00e9vidence et \u00e0 partir d\u2019une enqu\u00eate prospective <\/em>[c\u2019est-\u00e0-dire en suivant dans le temps un ensemble d\u2019individus], <em>un lien entre alimentation bio et risque de cancer<\/em>, ajoute M. Landrigan. <em>Les grandes forces de l\u2019\u00e9tude sont la taille de la cohorte et la dur\u00e9e du suivi. Il s\u2019agit clairement d\u2019une \u00e9tude importante et ce r\u00e9sultat m\u00e9rite beaucoup de consid\u00e9ration.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h2>Nombreux biais possibles<\/h2>\n<p>L\u2019une des difficult\u00e9s de l\u2019exercice est de corriger l\u2019analyse de nombreux biais possibles. En particulier, des travaux ant\u00e9rieurs montrent que les consommateurs d\u2019aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus r\u00e9guli\u00e8rement de l\u2019exercice physique ou encore appartiennent \u00e0 des cat\u00e9gories sociales plus \u00e9lev\u00e9es que la moyenne. Autant de facteurs qui influent sur le risque de contracter diverses maladies \u2013 dont le cancer.<\/p>\n<p>Les auteurs ont donc corrig\u00e9 leur analyse gr\u00e2ce au relev\u00e9 d\u2019un grand nombre de caract\u00e9ristiques des individus de la cohorte\u00a0: indice de masse corporelle, niveau d\u2019activit\u00e9 physique, cat\u00e9gorie socioprofessionnelle, qualit\u00e9 du r\u00e9gime alimentaire, statut tabagique, etc. <em>\u00ab\u00a0La prise en compte de ces nombreux facteurs de risque est \u00e0 mettre au cr\u00e9dit des auteurs<\/em>, estime l\u2019\u00e9pid\u00e9miologiste R\u00e9my Slama (Inserm, universit\u00e9 Grenoble-Alpes), qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 ces travaux. <em>Au total, il est peu plausible que des facteurs li\u00e9s au style de vie, autres que la consommation d\u2019aliments bio, soient en cause dans l\u2019effet observ\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Lire aussi : \u00a0 <a href=\"https:\/\/abonnes.lemonde.fr\/biodiversite\/article\/2018\/08\/20\/en-agriculture-le-bio-est-plus-performant-face-aux-attaques-de-pathogenes_5344324_1652692.html\">En agriculture, le bio est plus performant face aux attaques d\u2019agents pathog\u00e8nes <\/a><\/p>\n<ol>\n<li>Landrigan met cependant en avant un biais de recrutement possible. <em>\u00ab\u00a0Ainsi que les auteurs le notent, la cohorte repose sur des volontaires. Or, ces derniers ont g\u00e9n\u00e9ralement un niveau d\u2019\u00e9ducation plus \u00e9lev\u00e9 que la moyenne et un style de vie plus sain<\/em>, dit le chercheur am\u00e9ricain. <em>Cela peut jouer sur les r\u00e9sultats.\u00a0\u00bb<\/em> Emmanuelle Kesse-Guyot n\u2019en disconvient pas, mais estime que cet effet de recrutement <em>\u00ab\u00a0aura plut\u00f4t tendance \u00e0 sous-estimer l\u2019effet observ\u00e9 que le contraire\u00a0\u00bb.<\/em> De fait, m\u00eame les plus faibles consommateurs de bio de la cohorte ont sans doute un risque de cancer moindre qu\u2019une grande part de la population r\u00e9elle\u2026<\/li>\n<\/ol>\n<h2>Le risque des aliments ultratransform\u00e9s d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0Cette \u00e9tude s\u2019attaque \u00e0 une question compliqu\u00e9e, et il est toujours pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019avoir confirmation de l\u2019effet mis en \u00e9vidence par d\u2019autres \u00e9tudes<\/em>, dit R\u00e9my Slama. <em>Mais il faut aussi avoir \u00e0 l\u2019esprit que ce nouveau travail s\u2019ajoute \u00e0 un \u00e9difice de preuves d\u00e9j\u00e0 important et qu\u2019il reste dans la cha\u00eene alimentaire des r\u00e9sidus de pesticides de synth\u00e8se class\u00e9s \u201ccanc\u00e9rog\u00e8nes probables\u201d, actuellement autoris\u00e9s ou interdits, mais r\u00e9manents dans les sols et l\u2019environnement.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>A elle seule, une \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique ne peut apporter la preuve d\u00e9finitive d\u2019une causalit\u00e9 et, pr\u00e9cise M<sup>me<\/sup> Kesse-Guyot, \u00ab<em>\u00a0d\u2019autres \u00e9tudes doivent \u00eatre men\u00e9es pour pr\u00e9ciser le lien de cause \u00e0 effet\u00a0\u00bb<\/em>. Mais, en cas de confirmation, conclut la chercheuse, <em>\u00ab\u00a0des mesures de sant\u00e9 publique devraient \u00eatre mises en place\u00a0\u00bb<\/em>. En attendant, juge Emmanuel Ricard, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9vention \u00e0 la Ligue contre le cancer, <em>\u00ab\u00a0l\u2019attitude de bon sens est de limiter son exposition aux pesticides et autres substances de synth\u00e8se\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Lire aussi : \u00a0 <a href=\"https:\/\/abonnes.lemonde.fr\/planete\/article\/2018\/02\/16\/les-aliments-ultra-transformes-favorisent-le-cancer_5257759_3244.html\">Les aliments \u00ab\u00a0ultratransform\u00e9s\u00a0\u00bb favoriseraient le cancer <\/a><\/p>\n<p>D\u2019autant plus que la cohorte NutriNet a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, en f\u00e9vrier, que les aliments ultratransform\u00e9s \u00e9taient \u00e9galement un facteur de risque pour le cancer. En\u00a02017, elle a aussi mis en \u00e9vidence un risque diminu\u00e9 de 30\u00a0% d\u2019\u00eatre touch\u00e9 par un syndrome m\u00e9tabolique chez les plus gros consommateurs de bio, par rapport aux consommateurs occasionnels. Etablir la preuve d\u00e9finitive de la responsabilit\u00e9 des r\u00e9sidus de pesticides est, l\u00e0 encore, complexe. Mais une \u00e9tude sur l\u2019animal, publi\u00e9e en juin dans la revue <em>Environmental Health Perspectives<\/em> par des chercheurs de l\u2019INRA et de l\u2019Inserm, a montr\u00e9 que des rongeurs expos\u00e9s \u00e0 un cocktail de six pesticides courants, fr\u00e9quemment rencontr\u00e9s dans les fruits et l\u00e9gumes et \u00e0 des niveaux th\u00e9oriquement sans risques, pr\u00e9sentaient les m\u00eames troubles m\u00e9taboliques\u00a0: forte prise de poids, glyc\u00e9mie \u00e9lev\u00e9e et accumulation de masse grasse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon une \u00e9tude men\u00e9e sur 70 000 personnes, la pr\u00e9sence de r\u00e9sidus de pesticides dans l\u2019alimentation conventionnelle explique ce r\u00e9sultat. 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